PPWR, REACH, CLP, règlement CE 10-2011, interdiction du Bisphénol A et du Téflon… Le secteur du packaging pour les parfums et arômes (F&F) évolue dans un cadre normatif de plus en plus exigeant. Pour les industriels de l’emballage comme pour leurs clients, le choix du matériau de conditionnement devient un sujet stratégique : il doit garantir la compatibilité chimique avec des matières premières précieuses et parfois agressives, tout en respectant des délais de mise en conformité particulièrement courts. Tour d’horizon des enjeux et des bonnes pratiques.

1. Un cadre réglementaire en constante évolution pour l’emballage des parfums et arômes

Aujourd’hui, la pression normative pèse sur un métier dont le savoir-faire s’est construit au fil des siècles.

Qu’il s’agisse du règlement européen relatif aux emballages et déchets d’emballages, connu sous le nom de PPWR (Packaging and Packaging Waste Regulation), applicable en juillet 2026, ou des réglementations sur le contact alimentaire (telles que l’interdiction du Bisphénol A et du Téflon utilisés dans l’industrie de l’emballage pour le contact alimentaire), l’attention portée aux risques sanitaires rend complexes les choix de matériau d’emballage pour les parfums et arômes.

Deux paramètres mettent la filière sous tension

Deux variables pèsent particulièrement sur les industriels : l’échelle de temps pour faire des essais, et la faisabilité industrielle pour fabriquer les matériaux de substitution.

Concernant le temps disponible pour réaliser les essais, les grands utilisateurs de matières premières du F&F peuvent aligner jusqu’à 3 000 références, qui ont chacune un usage précis.

Fort heureusement, pour faciliter les essais, le législateur a défini des protocoles avec des simulants représentatifs permettant de vérifier l’absence d’interaction : l’eau, l’éthanol, l’acide acétique et l’huile d’olive permettent de vérifier l’alimentarité.

Les textes de référence : règlement CE 10-2011 et réglementations métaux

Pour l’emballage, c’est la réglementation CE 10-2011 qui reste la référence. Conçue pour répondre aux questions d’alimentarité avec les matériaux plastiques selon des conditions strictes d’emploi, elle impose de qualifier les conditions d’utilisation : faut-il chauffer le produit, doit-il être maintenu à basse température, et selon quels cas d’emploi ?

Pour les emballages métalliques comme l’aluminium, la France s’appuie sur un texte de 1973 qui définit les caractéristiques d’alimentarité de ce métal pour conditionner des denrées alimentaires. Si l’aluminium contient un vernis polyester, sans BPA, il faut alors revenir au règlement CE 10-2011 concernant les emballages plastiques. Le schéma réglementaire ci-dessous éclaire bien la complexité des réglementations actuelles !

Le rôle clé des branches professionnelles et des certifications

Les branches professionnelles (SFP, SNPPF, PAM, SNIA, IFRA, COSMED, EFEO, IFEAT, SNBF et ELIPSO, syndicat des emballages métalliques, plasturgie) aident les fabricants et leurs clients à identifier les types de tests à réaliser, et relaient les préoccupations des industriels auprès du législateur.

Chaque pays met en place des outils pour simplifier les démarches : en France, le certificat ANIA est un bon format destiné à qualifier l’alimentarité des emballages et faire une déclaration d’aptitude au contact alimentaire.

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REACH et CLP : l’exemple emblématique de l’huile essentielle de lavande

Les matières utilisées dans les arômes et parfums sont également sous pression réglementaire, et le temps manque pour travailler spécifiquement sur les emballages.

Ainsi, la mise en place du règlement REACH, a mobilisé longuement la filière des plantes à parfum.

En vigueur depuis 2007 REACH répertorie et dresse la liste des substances chimiques interdites ou susceptibles d’être restreintes.

La profession s’est mobilisée afin de convaincre et démontrer qu’on ne pouvait pas classer la dangerosité de l’huile essentielle de lavande (800 molécules) en fonction de la présence d’une seule molécule dangereuse. Le principe chimique de chélation permet en effet de démontrer que les molécules de lavande associées les unes aux autres se neutralisent.

Cette sensibilisation des autorités par la démonstration scientifique a permis de convaincre le législateur d’amender la CLP européenne, classification des substances, mixtures et leur étiquetage, sous l’égide de l’agence européenne de la chimie (ECHA), qui a émis une dérogation le 5 décembre2023 concernant les huiles essentielles et l’étiquetage de dangerosité de leurs emballages.

Les matières sont répertoriées par l’IFRA selon les critères suivants :

  • Famille chimique / numéro CAS, conditions d’emploi et de dilution, conditions de remplissage
  • Durée de vie et cas d’emploi, classification REACH (…) et règlement Cosmétique

Avec comme fil conducteur l’objectif que les caractéristiques organoleptiques de l’huile essentielle ou du parfum restent les mêmes, et puissent être expliquées au législateur et aux utilisateurs.

2. Une grande complexité industrielle face aux nouvelles exigences

Face à cet environnement réglementaire mouvant, les industriels des matières premières de la parfumerie et des arômes agissent pour se mettre en conformité, mais certains choix sont impossibles : utiliser une bouteille ou un fût avec un vernis Bisphénol N-I (non intentionally added) est conforme, MAIS il faut s’assurer que ce vernis de substitution est résistant aux huiles essentielles les plus agressives, et ne relargue pas de microparticules, voire des morceaux importants de vernis, dans l’huile essentielle.

Une volumétrie de tests considérable

Les entreprises les plus importantes du secteur F&F peuvent assumer la volumétrie des tests et sollicitent les industriels de l’emballage pour partager le coût des essais afin de valider les alternatives, en ciblant les produits les plus difficiles (cannelle, agrumes, etc.).

Les capacités laboratoires des industriels sont limitées, et les tests sont des chantiers… pharaoniques : il faut choisir parmi 3 000 matières les plus difficiles à conditionner, et même en réduisant à 5 matières, plusieurs kilos de produits sont nécessaires pour permettre une observation pendant 6 mois, en les sortant périodiquement de l’étuve à 40 °C afin de valider le comportement des emballages testés.

Il faut de la place, une étuve, du personnel de laboratoire et du temps. Il s’agit là d’un simple test de vieillissement. Si l’on veut aller plus loin, il faut disposer du matériel pour analyser et démontrer l’absence d’interaction contenu-contenant. Ce matériel est déjà largement occupé (chromatographie et contrôle qualité).

Sur quelle durée tester ? Comment s’assurer qu’on obtient un résultat satisfaisant ? Et surtout,

comment anticiper les autres changements afin de ne pas devoir tout retester à nouveau ?

Le temps long du métier face au temps court de la réglementation

Passer du bois à la terre cuite, à la peau ou la vessie, de la pierre au verre, du fer au cuivre, du cuivre au verre, puis du verre au fer-blanc, puis du verre à l’aluminium, puis de l’aluminium nu à l’aluminium verni… a pris des générations. La substance aromatique peut être conservée des années, sachant que les délais de mise en conformité sont courts : pour la PPWR, par exemple, juillet 2026.

Les exemples de l’agrochimie et de la filière des plantes à parfum

Regardons un peu les autres secteurs : les exemples du passé permettent souvent de mieux comprendre le présent.

Le monde de l’agrochimie a lui aussi changé de matériau d’emballage dans les années 1970-80. Avec la promotion du packaging plastique par certains fabricants majeurs de produits phytosanitaires, qui fabriquaient eux-mêmes ces matières plastiques, le métal a été largement remplacé dans l’agro-industrie. La facilité à fabriquer de nouvelles formes à moindre coût permit un changement rapide, plébiscité par l’industrie elle-même. Ce n’est que dans les années 2000 que la réglementation imposa aux agriculteurs de regrouper et de rincer les emballages vides avant de les faire collecter par les coopératives, au lieu de les brûler dans les parcelles.

Les questions de perméation au travers des parois plastiques et la diffusion des microparticules dans l’environnement sont des phénomènes mieux connus aujourd’hui, et montrent les défauts de matériaux qu’on pensait parfaits précédemment.

Pour l’industrie et les filières des arômes et parfums, changer de packaging, c’est souvent redécouvrir les vertus de matériaux comme le métal, qui avait pourtant été jugé obsolète au XXᵉ siècle.

Le législateur doit connaître finement les enjeux lorsqu’il élabore les lois ; il cherche à responsabiliser les filières afin de protéger les consommateurs et l’environnement. En travaillant à l’échelon européen, la profession a su défendre efficacement les intérêts de la filière des huiles essentielles : on a vu plus haut le cas de l’huile essentielle de lavande dans le règlement européen REACH. Le résultat de cette démarche a permis une pérennisation de la filière lavande grâce à un changement de classe de dangerosité par le législateur.

On voit donc l’efficacité d’une organisation collective pour peser sur les débats.

3. Interactions contenu-contenant et compatibilité chimique : un enjeu de taille pour les industriels

Changer de matériau d’emballage : les contraintes industrielles

Les notions d’interaction et de compatibilité avec un nouveau matériau d’emballage apparaissent lorsqu’il y a un problème ponctuel de compatibilité ou une nouvelle réglementation.

En interdisant au contact alimentaire certains composants chimiques des matériaux (PFAS, Bisphénol A…), et sous réserve que ce changement de matériau soit validé pour conditionner les produits concernés par la réglementation, il faut trouver l’industriel capable de fournir le nouveau matériau (ou la nouvelle finition) en qualité et quantité suffisantes dans le temps imparti, et le fabriquer à un prix raisonnable.

De plus, le nouveau matériau, ou sa modification, doit être mis en place pour une longue durée, au regard des coûts et difficultés rencontrés à toute modification.

Les industriels de l’emballage fournissent souvent plusieurs marchés différents afin d’avoir suffisamment de volume de production, et doivent répondre à des exigences techniques et réglementaires différentes selon qu’ils s’adressent à l’automobile ou à l’alimentaire ou au parfum.

Le matériau de substitution doit être abordable. On peut constater par exemple, dans la plasturgie, que le recyclé est plus cher que la matière vierge. L’opportunité de sourcer du recyclé est-elle pertinente techniquement et soutenable financièrement ? Les choix sont difficiles au vu des responsabilités qui pèsent sur les industriels de l’emballage.

Pour éviter ces risques, les utilisateurs d’emballages pourraient être tentés de transférer des pans entiers de leurs activités de distillation, extraction et composition des parfums et arômes vers des régions où la réglementation ne s’applique pas, ou peu. Ces régions deviennent de nouveaux « hubs » de production d’huiles essentielles et de parfums, destinés aux consommateurs de ces mêmes régions. On peut pousser la question à l’extrême : faut-il retester 3 000 produits avec le nouveau matériau d’emballage, ou envisager de produire des matières premières et du parfum autrement, et surtout ailleurs ? Ainsi, la réglementation se heurte brutalement au métier et risque finalement, non pas seulement de réguler, mais d’envoyer les activités hors du territoire d’application de la réglementation.

Quels critères suivre lors d’un changement de matériau d’emballage ?

Des connaissances en chimie sont nécessaires, et la mémoire des essais réalisés n’est pas toujours disponible. De plus, les conclusions peuvent être à géométrie variable.

Prenons par exemple le cas de l’eau, qui peut avoir une action plus ou moins prononcée sur un emballage en métal en fonction de son pH. Les données de compatibilité répertoriées par le guide de l’association américaine de l’aluminium indiquent, à la page WATER, que « l’eau potable peut corroder plus ou moins fortement l’aluminium, mais que ce phénomène varie en fonction de la quantité de minéraux présente dans l’eau. Ce phénomène de picage (pitting) décroît avec le temps. »

À la question « y a-t-il interaction ? » : au début du transport ou du conditionnement de l’eau dans les tuyaux en aluminium, on peut répondre oui, puis non, une fois qu’une légère oxydation fait décroître puis élimine le phénomène. La durée de stockage est donc primordiale.

L’évolution des matériaux d’emballages grande consommation montre comment les industriels ont pu imposer de nouveaux conditionnements au public : passer du verre au PET, de la bouteille d’eau en grès utilisée en 1800 au fer-blanc puis à l’aluminium un siècle plus tard, découle de l’évolution de la société et du développement des métiers, puis de l’industrie de l’emballage.

L’apparition de la stérilisation va de pair avec l’évolution des briques de lait, remplaçant presque complètement la bouteille en verre, avec pour conséquences un changement profond des circuits de distribution, participant largement à l’amélioration des conditions sanitaires, mais permettant aussi de généraliser l’usage.

Les tendances lourdes des emballages grande consommation influencent grandement les orientations concernant les matériaux d’emballage professionnels.

Les trois grands aspects techniques à considérer

L’aspect technique prend l’avantage dès qu’il s’agit de produits précieux, chers ou dangereux, pour lesquels les grands aspects à considérer sont au nombre de trois.

Le contenu : le conditionneur doit connaître finement la composition chimique du produit, son classement selon les recommandations de l’ONU, le point éclair, les consignes de conditionnement et d’utilisation (poids, quantité maximum autorisée pour le transport). Tous ces éléments orientent le choix de matériau d’emballage.

Les conditions physiques de stockage vont guider les choix également : pouvoir conserver au frais à -5°C, ou pouvoir chauffer la matière dans son emballage d’origine (métal obligatoire pour le bain-marie, par exemple).

La performance attendue et la date limite d’utilisation : la durée de stockage joue énormément dans le choix du matériau. On va privilégier le métal pour la conservation longue, et le plastique sera destiné aux usages industriels ou aux usages rapides.

L’objectif principal étant de conserver les caractéristiques organoleptiques et de performance du parfum et de la matière le plus longtemps possible.

L’interaction : dans un parfum ou une huile essentielle, les substances odorantes veulent se fixer et s’échapper. Une partie de l’essence imprègne, se répand, une autre devient odeur. Les spécialistes des huiles essentielles d’agrumes le savent : les terpènes présents dans les extraits d’agrumes peuvent attaquer les vernis ; les huiles essentielles de cannelle, de thym ou encore de géranium sont considérées comme difficiles à conditionner.

Ce qui fait qu’une fois le matériau adéquat identifié, on n’en change pas.

4. Interactions contenu-contenant : que chercher et comment mesurer ?

Identifier l’origine des substances indésirables

En étudiant un phénomène d’interaction, on va observer et chercher des traces de substances indésirables dans le produit, et chercher à démontrer si elles viennent ou non de l’emballage.

Avec les allergènes présents dans les huiles essentielles ou les parfums, les exigences réglementaires peuvent sembler paradoxales : des personnes allergiques sont attirées par les produits bio, et donc des matières naturelles pour le parfum et les arômes.

Mais il faut accepter que des composés naturels puissent être allergisants à forte dose, et les transformations successives génèrent des traces naturelles : du sol dans la plante, des pétales dans l’huile essentielle, de l’huile essentielle au parfum, et du parfum sur la peau ou de l’arôme dans le corps.

Les liquides contenus entraînent des traces de l’emballage avec eux, mais en quantités infimes, difficilement mesurables, et cela même si le matériau d’emballage est compatible et si l’extraction et la rectification ont permis de purifier la matière suffisamment.

Les matériaux utilisés, qu’il s’agisse du fût en chêne, de l’inox ou du verre, ont fait leurs preuves dans leurs secteurs respectifs (vin, cuisine), la porcelaine également.

Stérilisation, hygiène et interactions

L’apparition de la stérilisation va de pair avec une meilleure conservation des aliments. Par exemple, le lait stérilisé UHT en briques multicouches a remplacé presque complètement la bouteille en verre, avec pour conséquences un changement profond des circuits de distribution, participant largement à l’amélioration des conditions sanitaires et permettant de généraliser l’usage.

Un mug à café rincé mais non relavé avec un détergent va naturellement s’oxyder et neutraliser les éventuelles interactions entre l’emballage et le café ou le thé (comme pour notre tuyau d’aluminium pour le transport de l’eau), selon le principe bien connu du culottage, qu’on retrouve chez les professionnels de la cuisine pour leurs ustensiles.

Les tendances lourdes sur les réglementations liées aux emballages alimentaires sont influencées par des règles d’hygiène qui, lorsqu’elles sont interprétées, peuvent se révéler critiques. Les contre-vérités sont nombreuses, dans un contexte général où les aspects techniques et scientifiques sont mis de côté.

Mesurer finement : l’exemple du Bisphénol A

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Prenons l’exemple du Bisphénol A : comment mesurer les traces présentes dans les compositions aromatiques ? Le législateur européen fixe à 1 mg/cc la limite maximum de traces de Bisphénol A dans le produit alimentaire. Mais les moyens de mesure sont peu présents sur la plupart des sites industriels ; seuls les labos de pointe peuvent travailler à de si faibles limites de détection.

Mesurer d’infimes migrations depuis un emballage, se trouvant lui-même dans un environnement où ces substances peuvent être déjà largement présentes, nécessite un matériel de laboratoire de pointe, avec par exemple un spectromètre de masse permettant des mesures fines, alors que dans la majorité des cas, les laboratoires sont équipés d’appareils classiques de chromatographie.

Responsabilité et interaction : qui est responsable en cas de problème ?

Si des traces de substances interdites se retrouvent dans l’emballage et migrent à la suite d’une interaction, qui est responsable ? Le législateur n’hésite pas à faire retirer les packagings suspects si des doutes apparaissent.

La jurisprudence actuelle répartit les torts à 50/50 entre le fabricant d’emballage et le conditionneur.

Légalement, ils doivent prouver qu’ils ont coopéré et échangé des informations. Une attention particulière est apportée au greenwashing, lorsque les allégations ne peuvent être démontrées.

La responsabilité est engagée si l’on utilise sciemment des emballages à risque.

Les principaux fabricants de matériaux d’emballage ont édité des documents listant le niveau de compatibilité entre, par exemple, les matériaux et les substances de référence, regroupées par grandes familles (SOLVANTS, RÉACTIFS…) et leurs matériaux d’emballage : PEHD, EVOH, SOARNOL, PP, ALU, INOX 316, etc.

5. Quelles solutions pour répondre aux défis de la compatibilité chimique ?

Seules les organisations professionnelles et les gouvernements, alertés par les leaders du métier, peuvent avancer en mobilisant des ressources.

La fédération des fabricants d’aluminium édite par exemple une synthèse listant de nombreuses matières et produits chimiques et leur compatibilité avec l’aluminium.

La précipitation dans l’application des nouvelles règles et l’optimisation des coûts de production peuvent faire émerger de nouveaux risques sanitaires, si un minimum de temps n’est pas consacré à étudier les phénomènes d’interaction.

Des connaissances techniques en chimie et physique, mais aussi en biologie et agronomie, sont indispensables pour apporter au législateur et au politique une information pertinente qui permette de protéger les citoyens et l’environnement.

Dans le même temps, les enjeux économiques doivent être pris en compte, au niveau mondial et non pas seulement français ou européen. Le manque de solutions techniques face aux défis écologiques et

sanitaires met les deux industries, celle de l’emballage et celle des matières aromatiques, devant des choix difficiles.

Conclusion : industrialiser autrement les parfums et arômes ?

Les très nombreuses matières naturelles ou synthétiques du monde des parfums et arômes survivront-elles à ces évolutions ? Dans un domaine où les recettes et formules nécessitent une lente

maturation, on voit que les choix de changement de matériau d’emballage sont complexes, et leurs conséquences irréversibles.

Les filières de production vont devoir faire des choix difficiles, entre mettre en risque la performance du matériau d’emballage pour respecter la réglementation et la préservation du précieux contenu.

Qu’il s’agisse, en amont, de transporter des pétales de rose dans un sac en toile ou dans un panier, puis, après distillation ou extraction, de conditionner la précieuse matière dans un matériau abordable, léger et compatible (ou avec le moins d’interactions possible), puis, une fois la composition terminée, de la mettre dans un autre packaging de transport, pour enfin remplir des fioles et flacons en verre ou métal pour la vente finale du produit dilué…

Industrialiser risque de devenir de plus en plus difficile et risqué, avec une tendance à un retour à l’usage premier des parfums sur mesure et exclusifs.

Bertrand d’ARRENTIÈRES,
et les équipes Tournaire.
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